A. Huxley à Sanary 1

Introduction

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Le 22 novembre 1963 marqua la mort d'Aldous Huxleyné le 26 juillet 1894 à Goldemine, Surrey, GB, mais la nouvelle de sa disparition fut aussitôt éclipsée par l'onde de choc créée le même jour par l'assassinat du président Robert Kennedy. Si la renommée d'Huxley s'est progressivement estompée au fil des ans, son travail n'en est pas pour autant tombé dans l'oubli; ses livres sont publiés dans de nombreux pays, des traductions chinoises sont en cours.Le Meilleur des mondesBrave New World en anglais est invariablement cité parmi les trente romans préférés des Français et il figure toujours au programme de nombreux collèges et universités de par le monde.

Pourtant, si la plupart des lecteurs sérieux connaissent l'auteur duMeilleur des mondes , combien savent où Aldous Huxley a pu écrire l'ouvrage magistral qui le fit connaître dans le monde entier? À cette question simple, les libraires locaux, les simples amateurs de livres, et même de nombreux universitaires français et étrangers avouent ignorer qu'Aldous Huxley séjourna en France entre 1929 et 1937, et que c'est précisément à Sanary qu'il écrivit "Le Meilleur des mondes", en 4 mois seulement, de mai à août 1931 précisément.

S'il a bien vécu à laVilla Huxley, comment l'écrivain avait-il eut l'idée initiale de s'installer dans ce quartier encore peu habité de Sanary nommé La Gorguette? Quelle genre d'existence y avait-il mené? Qu'avait-il écrit d'autre pendant cette longue résidence? Avait-il sympathisé avec les locaux? Telles furent les questions que je ne manquais pas de me poser quand l'information me fut connue peu de temps après mon installation à Sanary.

Ayant très tôt été touché par certains de ses livres, un lien m'unissait déjà à l'auteur, lien soudainement renforcé par cette coïncidence géographique. Le fait troublant que j'avais grandi non loin de cet endroit qui lui fut si familier, que mes propres voyages m'amenèrent vivre en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, visiter comme lui des pays tels que le Mexique, le Guatemala ou la Malaisie, et qu'à mon tour je me retrouvais résider à Sanary furent les signes qui m'incitèrent à me pencher sur cette personnalité littéraire d'un monde aujourd'hui disparu. Mais qu'Huxley eut durant toute sa carrière d'écrivain un jugement étonnamment moderne et à certain titre visionnaire rendit encore plus grande ma curiosité en égard de sa relative éclipse médiatique.

Alors que je m'engageai dans une année universitaire, il me fut demandé dans le cadre du Mémoire de Licence d'Anglais de choisir entre un sujet d'étude de linguistique, de littérature ou de civilisation. Comme ces thèmes correspondaient bien au profil d'Huxley, je le choisis tout naturellement: un compromis entre littérature et civilisation. Aussitôt lancé j'eus la chance d'avoir rapidement accès à des photographies et des cartes postales de l'époque, ainsi que toute une série de lettres que Maria Nys Huxley, son épouse de nationalité belge, avait envoyées d'Amérique alors que le couple découvrait le nouveau pays qui, par la force des choses, allait les accueillir jusqu'à leurs fins respectives. J'entrai ensuite en contact avec les quelques témoins qu'il semblait encore possible de joindre. Devant la richesse du sujet et la relative aisance d'avoir si tôt obtenu des détails intéressants je reconsidérai une fois de plus mon objectif pour penser à un projet plus ambitieux.

D'un côté je ne souhaitai pas écrire un essai de plus sur Le Meilleur des mondes. Vu l'ampleur de l'oeuvre et surtout le peu de temps qui m'était imparti pour la recherche puis la rédaction d'un tel travail, la tâche semblait être irréaliste. D'un autre côté, je ne pouvais pas me limiter à la seule publication des éléments originaux que j'avais si rapidement réussi à collecter pour cet essai. J'avais en ma possession suffisamment d'éléments photographiques, de correspondance et de commentaires disponibles pour me permettre de révéler un autre aspect de l'histoire du couple célèbre durant les nombreuses années qu'ils passèrent à Sanary. C'est pourquoi je décidai de poursuivre mes recherches afin de produire une étude plus complète pour une éventuelle publication bilingue sous forme de monographie. Pour la remise du mémoire je choisissais de narrer la genèse du projet, avec tout ce que cela comportait déjà de satisfactions, de promesses, et de difficultés. A suivre...

Université Nancy II © Gilles Iltis 2005

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