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![]() Bandol 2011, le millésime des doges
Un cru d'exception
En effet, il ne manquait que les gondoles dans le port de Bandol pour s'imaginer au temps de la grande République de Venise, les gondoliers, les masques, le Grand Canal et le Pont des Soupirs, la musique baroque et les vénitiennes maquillées avaient envahi les stands drapés et décorés comme pour ajouter encore au mystère de la vinification ou pour sacraliser la fête. Ils étaient nombreux sous les décors rougeoyants, au son des violons à tendre leur verre sous la pipette pour apprécier la robe, la jambe ou les arômes du Bandol 2011. Ce vin en devenir qui nous a laissé entrevoir tellement de potentiel, qui nous fait la promesse d'un nectar somptueux. Tandis que les amateurs appréciaient au cours de leur déambulation, les professionnels se consultaient pour savoir lesquels des 32 échantillons présents seraient les plus aptes à la longue garde, finalement ce sont les domaines de la Bastide Blanche, Bunan et Pieracci qui ont décroché la timbale. L'âme du vin Cependant qu'à la surface s'affrontent les signes d'espoir et les menaces, la production du millésime, bien à l'abri dans ses barriques, a entamé sa longue nuit dans le silence, l'humidité, la fraicheur et l'obscurité des caves. Dix-huit mois lui seront nécessaires pour harmoniser ses atouts, pour que tanins et acidité trouvent un point d'accord, pour que ses arômes puissent s'exprimer sans être agressifs, pour négocier avec les anges de l'importance de leur part en échange de trouver une âme... Après quoi, il lui faudra encore attendre plusieurs mois pour s'affiner “sous une prison de verre et des cires vermeilles“ avant de pouvoir s'adresser à l'Homme pour lui dire son plaisir à couler dans son gosier user par les travaux “et qu'elle se plait bien mieux dans sa chaude poitrine que dans ses froids caveaux“. Rendez-vous dans deux ans pour savoir si Bandol 2011 a tenu ses promesses. Gérard Normand
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