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patrimoine

  • Un événement oublié - février 1871
  • Fréquentations antiques du port de Sanary
  • Les armoiries de Sanary
  • Genèse
  • Géologie du territoire Sanaryen

  • Regards sur un terroir

    A la découverte des cahiers

    Voici vingt-trois ans que ce livre, le 10ème cahier de l’Ouest varois, est en gestation. Depuis la publication de “Sanary, 1000 ans d’histoire“, très exactement, dont la publication avait permis de créer dans l’ouest toulonnais un pôle regroupant des personnalités qui, loin d’être des “touche-à-tout“, avaient déjà ou publié des travaux ou lancé des recherches concernant cette micro-région. La petite équipe, réunie dans les locaux du Foyer Pierre Singal, puis, plus étoffée, dans ceux du Centre Archéologique du Var, se donna pour objectifs de regrouper les chercheurs dispersés dans l’Ouest varois, espace aux contours flous allant du la Sainte-Baume à la mer. Le noyau de départ, composé essentiellement des chercheurs fouillant la Courtine et le château médiéval d’Ollioules, Tauroeis/Le Brusc, la Pinède du Castellet, Saint-Côme de la Cadière et Planiers d’Evenos, donna une teinte à forte dominante archéologique au projet initial. Très vite, cependant, l’intégration d’autres chercheurs en provenance d’autres horizons, permit d’élargir le champ d’action en intégrant la géologie, la botanique, l’étude des archives, l’ethnographie, la préindustrie, l’architecture vernaculaire et religieuse, etc.

    Défini pour dix ans – douze en réalité – le projet concerna en définitive les treize communes comprises dans le triangle Signes-Saint Cyr-Saint-Mandrier. Baptisé “Programme de recherches de l’Ouest varois“Appellation amicalement contestée par Gérard Delattre qui lui préféra toujours Ouest-toulonnais (cf. Cahier n° 5/6) et que Laurent Porte dénomma Sud-Ouest varois (cf. sa publication sur les fours à cade et à poix), il fut porté sur les fonts baptismaux par ses parrains Christian Goudineau, professeur au Collège de France, et Jean Courtin, Directeur des Antiquités Préhistoriques de Provence. En conclusion de stravaux des synthèses devaient être livrées, sous forme d’articles dans des revues spécialisées, et sous forme d’une publication spécifique dont le nom avait été adopté en 1982; les “Les Cahiers du Patrimoine ouest-varois“. Edités par le Foyer Pierre Singal depuis 1997, ces Cahiers ont livré au public les synthèses des travaux réalisés sur La Courtine d’Ollioules (n°1), la villa romaine de Portissol à Sanary (N°3) et les monuments religieux (n°5 et 6). Ils ont, d’une manière plus large, porté leur regard sur des ensembles communaux tels que Le Castellet (n°2), Saint-Cyr-sur-Mer (n°4) et Sanary-sur-Mer (n°10). Deux livres onté été édités à la demande des Amis du Beausset-Vieux (n°8 et 9).

    Le dernier numéro, “Regards sur un terroir: Sanary-sur-Mer“ ferme donc, vingt-deux ans plus tard, une boucle ouverte avec “Sanary, 1000 ans d’histoire“. Il ne déroge pas à la méthode employée dans les précédents “Regards”: documentation abondante, références, clarté des propos, synthèse des recherches les plus récentes, rigueur scientifique. Comme nous l’avons fait depuis le n° 4, nous ouvrons l’équipe en lui intégrant des personnalités et des associations locales ou nouvellement venues. L’implication municipale a été l’un des éléments de cette dynamique tant au niveau de l’aide que de la réalisation. Enfin, sans le support logistique du Foyer Pierre Singal ce numéro – tout comme les précédents par ailleurs – n’aurait pu voir le jour. Au long de ses pages, nous abordons le terroir sanaryen avec le regard des sciences de la nature : géographie avec une carte simplifiée de la commune, géologie et botanique. Puis avec le regard des sciences humaines : époques préhistorique, époque romaine, médiévale, moderne et contemporaine.

    Il nous faut remercier ceux et celles qui, en dehors de l’équipe de rédaction habituelle, ont accepté la lourde tâche de commettre un article sur un thème de leur choix ou d’effectuer à notre demande des recherches spécifiques. Nous pensons particulièrement aux généalogistes sanaryennes Charlotte Bartholomé Noëlle Béraud Odette Daïni, et Renée Flesia-Bianchini, à Raoul Décugis et Yves Avandetto, de l’Association des Chemins du Patrimoine d’Ollioules, à Charly Hourcau et le Jason Archéo Sub ; mais aussi à Magali-Laure Nieradka et Jean-Pierre Guindon, à Olivier Marchetti et Gérard Loridon. Parmi nos illustrateurs, n’oublions pas de mentionner tout particulièrement les contributions des Naturalistes en herbe du Foyer Pierre Singal - France Castes, Marie-France Marchiori, Aline Plaisant, Catherine Ribot-Wérotte, Anne-Marie Sabatini -, de David Rébaud aux superbes aquarelles de portes et de monuments religieux, et de Bodil Hagbrink qui a su raviver le souvenir de l’école de Sainte-Trinide.

    Un grand merci également à Max Audiffren, à Christiane Gibert-Roethlisberger, à Marie Glade et à son fils Dominique Glade (souvenirs de Jacques Glade, à Fosca Gori, à Anna Revest, et à Elise Rotger, qui ont bien voulu nous accorder plusieurs heures, et nous raconter leurs souvenirs de jeunesse.
    Notre gratitude va également à Michaël Brunot, qui a succédé à Didier Martina-Fieschi au service du Patrimoine de Sanary (recherche d’archives et documents familiaux), et à ceux qui, sous les municipalités Brunel et Bernhard, nous ont épaulés : MM. Jean-Pierre Chazal et Pierre-Marc Chancogne.

    A nos amis disparus : Didi, Françoise, Laurent, Gérard et Barthé
    Et puis, il y a nos cinq disparus qui faisaient partie de la première équipe de l’Ouest varois, mais qui ont quitté le train en cours de route et dont la place reste vide à jamais. Aucun d’eux n’était Sanaryen. Le plus proche du pays était Laurent Porte, d’Ollioules, mais né à Toulon, les autres arrivaient du Tarn (Frédéric Dumas), d’Algérie (Françoise Brien), du Loiret (Gérard Delattre) et de l’Hérault (Barthélemy Rotger). Leur origine et leur métier ne les prédisposaient pas pourtant en 1982 à se retrouver au sein d’une entreprise commune : Frédéric DumasFrédéric Dumas apportait sa pratique de la plongée sous-marine et de l’archéologie, ainsi que sa connaissance de le calanque de Portissol où il avait découvert des fours de potier avant guerre, et acquis, en 1966, la certitude qu’une villa romaine s’y trouvait. Il suivit tous nos travaux de 1983 jusqu’à sa mort en 1991 était retraité du personnel civil de l’arsenal et auteur de nombreux ouvrages dont aucun n’avait trait à Sanary; Françoise BrienFrançoise Brien, qui avait déjà participé en archéologie terrestre aux fouilles du Clos de la Tour à Fréjus, partagea des responsabilités, dans le cadre du programme de l’Ouest varois, au sein de chantiers tels que la Courtine, le Château d’Ollioules et Portissol. Elle étudia le matériel que M. Marius Augier avait découvert à la Gorguette avant la guerre. Puis elle dégagea avec le Centre Archéologique du Var le port romain de Toulon avant de diparaître en 1996. Elle avait soutenu à l’Université de Provence, une thèse de troisième cycle sur le site de Tauroeis, doctorante, s’apprêtait à étudier le site de Tauroeis-Le Brusc; Laurent PorteLaurent Porte, était l’homme au franc parler ; sa formation de pharmacien lui fut d’un grand secours tout au long de sa vie professionnelle qui le conduisit de l’Indochine, où il fut prisonnier des Japonnais en 1945, jusqu’en Centre Afrique, après être passé par Madagascar. Partout il créa, ou fit fonctionner, des hôpitaux. Il fut le premier à tester les effets de l’acide acétasalycilique (aspirine) sur les maladies cardio-vasculaires. Il sut employer ses connaissance en les appliquant à sa recherche concernant l’emploi de l’huile de cade à des fins médicales. Parti à la recherche des fours à cade et à poix de l’Ouest varois, il en avait découvert près de 230 en 2001, contre quatre connus en 1982, dont un à Sainte-Trinide. Son livre sur “Fours à cade, fours à poix dans la Provence littorale”, réédité deux fois, fait encore autorité. Il nous a quittés en 2002., ancien médecin général des Armées, prenait sa retraite de cardiologue; Gérard DelattreGérard Delattre se lança à corps perdu dans toute une série d’enquêtes tout azimut : cartes informatisées de l’Ouest varois, articles sur les villages fortifiés, les monuments religieux, les bastides, les manoirs à tourelle, les fortifications, les chemins, les bergeries et leurs vanades, les cochonniers, les fours à chaux, les limites territoriales, rien ne le rebutait. Infatigablement, il arpentait le terrain en compagnie de Pierre Saliceti, de Gérard Julien et de Robert Hervé. Il a participé à la plupart de nos Cahiers en y rédigeant de nombreux chapitres. Une grande partie du Cahier sur Sanary s’inspire de ses travaux. Nous avons publié en 2002, année de sa mort, son œuvre posthume : Les monuments religieux de l’Ouest varois qu’il avait co-écrit avec Pierre Saliceti, ancien marin de la Royale et de la Marchande, travaillait comme technicien informatique au Laboratoire de l’Arsenal, au Brusc; Barthélemy RotgerBarthélemy Rotger s’attacha à sauver et à classer les archives de Sanary et d’Ollioules. Lorsque nous avons fait sa connaissance, il avait déjà beaucoup avancé dans ce travail fastidieux dans lequel il excellait. Doté, comme Gérard Delattre, d’un solide bon sens, il oeuvra suivant des pistes très diverses : botanique – il était un orchidophile averti –, aménagement de la Tour de Saint-Nazaire (qu’il appelait Tour romane), cession à la Mairie de la Maison Flotte, création du Musée Frédéric Dumas, lancement de l’Association des racines sanaryennes et de la Fête du nom. Il est l’auteur de deux livres : De Saint-Nazaire à Sanary, en 1984, et La tour Romane en 1996. Une grande partie de ce cahier sur Sanary s’inspire de ses travaux. Il décéda en 2003, ancien militaire, était depuis cinq ans retraité des Chantiers de La Seyne.

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