Anthony GIROUD DAMON et Candide MOUIS
Anthony Giroud Damon
"Disons que cela commence dans la forêt, aux alentours d’Aix-en-Provence. Pendant des heures, je profite du paysage, m’attarde sur les détails d’une écorce, d’une racine qui émerge de la terre, des fibres d’une feuille...
Le regard part en voyage.
Je scrute tout ce qui est à ma portée, je dessine déjà dans ma tête, inquiet de capturer un maximum de détails dans le désir insensé de tout rendre de ce que j’ai vu...
Alors, je prends des photos, sélectionne le point de vue, travaille la qualité de la lumière. Muni de ces images emmagasinées, je rentre et je dessine au crayon chaque feuille, chaque nuance, dans un long processus maniaque. Ce n’est jamais assez.
Chaque élément a son identité, qu’il ne faut surtout pas perdre, à en devenir fou. C’est que, mentalement j’aborde déjà ma propre balade virtuelle. Durant tout ce temps, je n’ai jamais pensé qu’en 3 dimensions. Et j’imagine la brutalité du noir et le basculement de ce dessin névrotique dans un nouveau paysage virtuel, le passage de l’image statique à la fluidité d’une vidéo 3D.
De ce qui n’est qu’un arbuste va bientôt naître une autre contrée et une nouvelle promenade. Le feuillage devient une montagne, la racine remontant vers l’arbre devient une rivière et l’arbre en lui-même se creuse comme un immense canyon..."
Candide Mouis
"Dans mon travail, je questionne tour à tour
les réalités et les apparences. Je joue avec cette poupée, idéal physique, nourrissant l'imaginaire des petites filles et façonnant leur conception de l'esthétique féminine.
Je joue
avec mon propre corps, outil que je peux explorer à ma guise, avec ceux trouvés au hasard des magazines féminins.
Sur le support, ces êtres sont transformés, mutilés et posent le problème de notre perception de la beauté.
Il ne reste plus qu'une
enveloppe charnelle comme un linge porté cachant la vérité, il ne reste plus que des morceaux de corps comme des bouts d'histoires et le
sexe comme un symbole d'impulsion ou de porte sacrée.
J'essaie juste de traduire par ce travail l'
acceptation de notre nature dans tout ce qu'elle a de fort et de fragile à la fois, de beau et de laid, de vertueux et de vicieux."