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![]() Un domaine aujourd’hui disparu - La MillièreLe château de la Millière
Témoignage de madame Christiane Gibert-Roethlisberger, fille d'André Roethlisberger, l’un des créateurs de l’Appellation d’Origine Contrôlée Bandol. Paul-Ulrich Roethlisberger (1867-1946), épousa Alice Blancpain. Sa femme, Alice Blancpain, va soutenir son mari dans sa carrière et ses recherches, tenant salon, recevant beaucoup, entretenant d'étroites relations épistolaires avec sa famille et ses nombreux amis. A Sanary, elle devint la "châtelaine de la Millière", recevant des peintres comme Alcide Lebeau, le comte Erick Klossowski de Rola, écrivain et peintre, père de Balthus et de Pierre Klossowski, Cilette Ofaire (écrivain suisse), Benjamin Vallotton, Jean d'Esme, des personnalités comme les frères Lumière et Raimu. C'est dans ce cadre qu'elle s'éteignit en 1952. Après avoir acheté en 1924 le domaine de la Millière à Monsieur Fontanel, négociant de Marseille (un précédent propriétaire - célèbre - fut le Général Etienne, Hugues ROSE, Commandant de la Garde Impériale, dont les armoiries subsistent encore sur le fronton du château et sur une petite fontaine), le docteur Paul Roethlisberger envisageait de demander à son second fils, Ulrich, (1897-1987) qui avait fait des études d'agronomie, de s'occuper de cette propriété de rapport, qui comprenait non seulement des vignes, mais aussi des oliviers, une basse-cour, un verger etc. Mais ce dernier préférait voyager. Il exploita des domaines en Indochine, à Sumatra et au Kenya, qu'il dut quitter en catastrophe, ruiné par les Mau-Mau. Ce fut donc André qui s'installa à la Milhière, après avoir épousé Viola Utschg, fille du fameux luthier bernois. André avait fait de brillantes études; il était ingénieur chimiste et Docteur ès-sciences. Dégustateur né, il se passionne d'emblée pour la culture de la vigne et la qualité des vins qu'elle produit. Il pressent ce qu'elle pourrait donner après les nombreuses récompenses et médailles recueillies par les vins de la Millière dans les foires, concours et expositions en particulier à Brignoles. Il entreprend dès lors de rendre au vin de Bandol la noblesse et le lustre qu'il possédait plusieurs siècles auparavant et surtout avant l'invasion phylloxérique. S’appuyant sur les antériorités reconnues par de nombreux créateurs, sur le renom de cette appellation et sa célébrité pour sa tenue en mer, il va créer le Syndicat des producteurs de vins fins de la région historique des vins de Bandol, le 19 mai 1939. Il est aidé en cela par l'expert Georges Chappaz (Vice-Président du Comité National des Appellations d'Origine Contrôlée - Inspecteur Général des Ministères de l'Agriculture) et le Baron Leroy de Châteauneuf-du-Pape. Il entreprend des démarches personnelles pour convaincre les vignerons de la valeur de leur terroir, il se dépense sans compter pour établir des relations avec les organismes agricoles départementaux et nationaux. Un décret du 11 novembre 1941 va couronner le succès de son entreprise: l'appellation d'origine contrôlée Bandol est née, et va s'étendre sur les vignobles de huit communes Sanary - Bandol - Saint-Cyr - La Cadière - Le Beausset - Evenos - Ollioules - Le Castellet. L'application des conditions du Décret de 1941 par les vignerons nécessitait de leur part une discipline rigoureuse, librement acceptée. Tout d'abord la reconversion de l'encépagement avec le mourvèdre, le cépage roi de l'appellation. André Roethlisberger va suivre cette évolution en prodiguant des conseils sur la vinification, la dégustation dont il est un maître incontesté, et qui lui vaudra d'être le Président de la Commission de Contrôle et de dégustation. Le 3 mars 1945, les vignerons lui confèrent le titre de Président d'honneur du Syndicat, sa modestie refusant le titre de Président actif". Le 30 avril 1957, le Ministre de l'Agriculture lui décerne le titre de Chevalier du Mérite Agricole. Par ailleurs, pendant la guerre, il contribua à sauver les biens des citoyens suisses, en tant que représentant du Consulat suisse de Marseille. A la libération, avec son ami Walter Mulethaler (du Colombet), il négocia la reddition des Allemands qui occupaient les forts surplombant Sanary et sa campagne, et obtint qu'ils évacuent les lieux sans rien détruire. Son épouse, Viola, lui fut d'un grand secours, femme charmante et secrétaire et comptable de formation, elle tenait salon et se dépensait sans compter pour aider son mari. Le couple avait d'excellents amis, Lucien et Lucie Peyraud, Arlette Portalis, le comte et la comtesse Pelleport de Pissy ; ils se réunissaient fréquemment et s'entendaient à merveille. D'ailleurs, André Roethlisberger considérait Lucien Peyraud comme son héritier spirituel. |
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